Jeunesse et formation de Chaïm Perelman

Chaïm Perelman (né à Varsovie, Pologne, le 20 mai 1912) est issu d'une famille de bourgeois aisés et cultivés : sa mère provenait d'un milieu de Juifs hassidiques ; son père est né à Varsovie d'une famille de maskilim, héritiers de la Haskalah, les Lumières juives. Après avoir tâté de plusieurs commerces, son père devint négociant en diamants. Les contacts qu'il avait en Belgique l'incitèrent à choisir Anvers (Belgique) comme destination. Les Perelman s'y établirent en 1925, quelques jours après que Chaïm ait accompli sa bar mitzvah à la synagogue de Varsovie. Chaïm était l'aîné, suivi de sa sœur Ghana Sozia (Sophie), de Dora et de Joseph David. Chaïm, qui avait suivi l'enseignement polonais du gymnase juif Haschola à Varsovie, poursuivra ses études secondaires à l'Athénée royal d'Anvers puis au jury central. C'est ainsi qu'il entra à l'Université à l'âge de seize ans. Étudiant à l'Université libre de Bruxelles (Belgique) (ULB), il milita à l'Association des Étudiants juifs et mena de front des études de philosophie, qu'il acheva en 1933, et de droit. Frappé par ses dons exceptionnels, Marcel Barzin l'associa à ses travaux et à son enseignement dès avant la fin de ses études, avant de lui obtenir un mandat d'aspirant au Fonds national de la Recherche scientifique. Ce qui permettra à Perelman de rédiger sa thèse de doctorat, entre 1935 et 1938. Premier prix du Concours universitaire en 1936, Perelman obtint une bourse de la Fondation universitaire et choisit de séjourner une année à l'Université de Varsovie, réputée pour son école de logique. C'est durant cette année académique qu'il se lia au grand logicien polonais Kotarbinski, une amitié qui ne se démentira pas par la suite.

Revenu à Bruxelles, Perelman gravit rapidement les échelons de la carrière universitaire. Après avoir défendu sa thèse de doctorat en philosophie, qui portait sur le logicien Gottlob Frege, il devint assistant en 1938, puis chargé de cours l'année suivante. Il dispensa, tout en étant mobilisé par l'armée belge, le cours d'encyclopédie de la philosophie et les répétitions en néerlandais du cours de philosophie morale. Perelman sera ainsi le premier à enseigner la philosophie en néerlandais à l'ULB. Le jeune Chaïm Perelman était alors aussi résolument sioniste. C'est à la même époque que Léon Kubowitzki créa à Bruxelles la représentation du Congrès juif mondial: le Conseil des Associations juives de Bruxelles, où l'une de ses assistantes n'était autre que Fela Perelman. Soucieux de défendre les idées du Congrès juif, il créa un organe, la Tribune Juive, dans lequel Chaïm Perelman plaida, en ces temps difficiles, en faveur de la dignité juive. Deux problèmes émergeaient de ces premiers articles qu'il consacrait à la question juive : l'antisémitisme et l'assimilation

Source : Schreiber Jean-Philippe, « Perelman, Chaïm (baron) », ds. : Dictionnaire biographique des juifs de Belgique : Figures du judaïsme belge XIXe – XXe siècle, Bruxelles, De Boeck et Larcier s.a., 2002, p. 271-272.

Perelman - Les archives